Les interviews se sont enchaînées, en fin de semaine pour le député de l’Indre.

Le député LRM de l’Indre est le centre de toutes les attentions médiatiques depuis quelques jours grâce à son action sur les APL. Il savoure.

Cinq heures du mat’, il a des frissons. A peine le temps de se mettre au lit que François Jolivet repart au front pour une interview aux aurores dans les studios parisiens de RMC. Les journalistes, mal réveillés, ne s’attardent pas trop sur le fond de la future réforme. Non, ce qui les intéresse, c’est de comprendre comment un député de la France profonde s’y est pris pour faire plier le gouvernement Philippe sur son emblématique réforme des aides personnalisées au logement (APL) versées par l’État à la moitié des locataires du parc social français.

Semblable question lui avait été posée la veille par TF1, France 2, BFM et LCI. La réponse a toujours été la même : « Je n’ai fait reculer personne. Par contre, je suis parvenu à convaincre. Quand on a des convictions, que l’on a en face de soi des interlocuteurs à l’écoute, comme cela a notamment été le cas du côté du Premier ministre, il est tout fait possible de se faire entendre. Pour moi, c’est une formidable expérience ».

Dans une autre vie encore toute récente, François Jolivet a été président de l’Opac de l’Indre, avant de gérer le parc immobilier national de la SNCF. Il assure s’être beaucoup servi de ce double vécu en tant que rapporteur spécial des crédits du logement et de l’hébergement d’urgence.

A l’heure de notre entretien, l’amendement déposé par le gouvernement n’avait pas été voté. Cela devait être chose faite dans le courant de la matinée. L’ancien maire de Saint-Maur l’affirme : la réforme portée par le fameux article 52 de la loi de finances 2018 était nécessaire : « Le monde HLM est tentaculaire et il n’avait pas été réformé depuis 1977. S’il n’y avait pas eu l’électrochoc du 52, rien n’aurait été entrepris ».

« J’ai apaisé le truc, poursuit François Jolivet. Mais le travail de concertation sur le sujet doit continuer. J’ai bien l’intention de présenter d’autres amendements. » En attendant de reprendre le chemin de l’Assemblée nationale, le député LRM soupire d’aise : « Je voulais avoir un mandat utile. Et aujourd’hui, j’ai vraiment le sentiment d’être utile ».

bruno.mascle@nrco.fr pour la Nouvelle République.