Je suis le député d’une zone intermédiaire agricole, qui a la crainte des conséquences du CETA et qui espère beaucoup de la nouvelle PAC (Politique agricole commune). Mon vote manifeste une exigence vis-à-vis des pouvoirs publics, même si le CETA a commencé bien avant que je sois député, en 2009.

Le CETA est un accord commercial entre l’Union Européenne et le Canada. Cet accord représente des opportunités nouvelles pour exporter dans un pays francophone, notamment en matière industrielle, de services, d’agroalimentaire (il permet la reconnaissance de 42 produits Français AOP), de production laitière (poudre de lait, fromage…), de production viticole… Il suscite aussi des questions exprimées par nombre de nos concitoyens.

Ces questions ne sont pas nouvelles, et sont les conséquences du manque de règles balisant le mandat donné à la Commission européenne en 2009. La France a donné ce mandat, à l’époque.

Dans mon vote, j’ai souhaité tenir compte d’une part des avancées positives de cet accord à l’initiative du Président de la République, et d’autre part des interrogations qu’il suscite encore. En bref, de ce que j’ai pu ressentir au plus près du terrain.

Depuis septembre 2017, nous pouvons constater les bienfaits économiques de l’accord : par exemple, la baisse des droits de douane, la hausse des quotas et l’accès aux marchés publics ont permis à des entreprises de prospérer et de se développer.

L’urgence climatique s’est légitiment invitée dans nos débats. Face à cette urgence, les députés de la majorité ont répondu par l’exigence d’une étude sur les conséquences environnementales de la mise en œuvre du CETA. Cette étude du Centre d’études de prospectives et d’informations internationales a clairement démontré que les émissions de gaz à effet de serre supplémentaires engendrées par cet accord seraient particulièrement faibles. Dans les faits, la France respectera ses engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris.

Concernant la filière bovine Française, j’ai pu constater sur mon territoire les inquiétudes de nos agriculteurs qui redoutent une déstabilisation de la filière. Je partage ce sentiment, et j’attacherai en ce sens -avec mes collègues de la majorité- une attention toute particulière au suivi strict des marchés.

La France est depuis longtemps un grand pays exportateur. Je vois en cet accord l’opportunité de renforcer ce statut mais ne peux qu’exprimer mon inquiétude sur la filière bovine et donc ma volonté d’aller encore plus loin en nous dotant de meilleurs moyens de contrôle. Le contrôle est la force du Parlement : nous devrons l’exercer pour anticiper et, le cas échéant, réagir.