Désarmer la police ? Une folie !

Priver les forces de l’ordre de leurs moyens de neutralisation revient à mettre en péril la sécurité des Français. Priver les forces de l’ordre de leurs moyens de défense revient à les exposer davantage à ceux qui les menacent.

Certains partis politiques, comme La France insoumise, proposent “une police aussi désarmée que possible pour inspirer le respect des citoyens“. Ces paroles ont été prononcées par Jean-Luc Mélenchon, le 13 juin 2020. Dans le même temps, il a formulé le rêve d’une “société sans police“. Par ses mots affûtés pour buzzer, Jean-Luc Mélenchon poursuit son commerce d’effacement de la police républicaine. Il s’inscrit dans les pas du candidat Philippe Poutou, qui déclarait en 2017: “si les policiers n’étaient pas armés, ils n’auraient peut-être pas été visés” en écho à l’attaque qui a coûté la vie à Xavier Jugelé sur les Champs-Élysées.

Au fond, cela revient à dire que les policiers armés seraient des provocateurs voire des incitateurs. Ils ne seraient pas respectés parce que pas respectables. Cette négation de l’ordre républicain est une profonde atteinte au travail des policiers et des gendarmes mais aussi des douaniers et des surveillants pénitentiaires qui peuvent porter une arme. Tous ces agents se mobilisent pour assurer notre sécurité et sont d’abord armés de courage.

Non, l’arme d’un policier n’est pas accompagnée d’un permis de tuer.

Les policiers peuvent tirer quand on porte atteinte à leur vie ou à celle d’autrui. Ils peuvent ouvrir le feu contre une personne dont ils jugeraient, pour des raisons réelles et objectives, qu’elle s’apprête à tenter de commettre un ou des meurtres. La loi précise qu’un tir doit résulter d’une absolue nécessité de tirer et constituer une riposte proportionnée au danger.

La France fait le choix d’armer des agents formés et régulièrement évalués pour assurer leur protection et celle des personnes et des biens.

Aucun policier, aucun gendarme, ne fait usage de son arme par plaisir et beaucoup redoutent le jour où il faudra nécessairement le faire.

Prenons un instant pour imaginer la “police-guimauve” souhaitée par certains…

Le 29 octobre 2020 à Nice, une attaque terroriste dans la Basilique Notre-Dame a fait trois morts. Des policiers municipaux, primo-intervenants, ont neutralisé l’assaillant en ouvrant le feu et ont ainsi évité un bilan plus lourd. Ce même jour à Avignon, un homme qui menaçait des policiers avec une arme de poing a été neutralisé par des tirs de défense. Ces policiers auraient-ils pu intervenir désarmés ? La réponse est non. La police nationale et la police municipale sont deux forces qui se complètent et qui se protègent mutuellement, souvent dans un format baptisé “police intégrée”. Pour cela, l’une et l’autre ont besoin d’être armées.

Nos concitoyens d’ailleurs ne s’y trompent pas. Selon un sondage Fiducial/Ifop paru en 2018, 69% des Français se déclaraient favorables à la généralisation du port d’arme à l’ensemble des policiers municipaux. En 2010, ils étaient 56%. Cette évolution s’explique par l’existence de la menace terroriste et par la montée de la violence.

Des attaques peuvent surgir à tout moment et partout.

Elles peuvent surgir au domicile des forces de l’ordre comme le mardi 6 avril 2021, où un couple de gendarmes a été attaqué par deux individus dans leur logement. L’un des militaires a dû utiliser son arme pour protéger sa vie et celle de sa compagne.

Elles peuvent surgir lors d’opérations courantes de sécurité. Le 8 janvier 2015, Clarissa Jean-Philippe, policière municipale à Montrouge, était avec ses collègues en intervention sur un accident de la route quand elle a été abattue par le terroriste Amedy Coulibaly. Quelques années plus tard, le maire de la commune a décidé d’armer sa police. Depuis le 1er janvier 2020, 57% des policiers municipaux sont équipés d’une arme à feu contre 37% en 2014.

La loi relative à la sécurité globale renforce les prérogatives de la police municipale. Les forces de sécurité ont vocation à s’intégrer pour répondre à une approche de sécurité globale d’un territoire définie par le préfet, le procureur et le maire. Les agents de sécurité privée sont aussi dans ce continuum de sécurité et certains sont armés comme les agents de la sûreté ferroviaire et de la RATP.

Plus que jamais, la sécurité est l’affaire de tous et un besoin pour tous.

Désarmer, c’est délaisser la sécurité des habitants et des forces de l’ordre. Prôner le désarmement, c’est militer pour l’affaissement de l’autorité de l’État et transformer l’uniforme en cible sans défense.

Notre pays ne peut user de la politique de la «culotte baissée», qui consiste à faire preuve de lâcheté devant la difficulté.

À ceux qui cherchent à affaiblir les forces de l’ordre par tous les moyens, je leur réponds que d’autres seront toujours mobilisés à mieux les équiper, à mieux les protéger et à mieux les défendre.