M. François Jolivet interroge M. le ministre des solidarités et de la santé sur le développement de la télémédecine.

Selon une étude de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) portant sur l’année 2018, près de 3,8 millions de Français vivent dans un désert médical.

Cette situation touche particulièrement les territoires ruraux.

Depuis des années à coups de scalpel, l’offre de soins recule et les kilomètres s’allongent pour quiconque a besoin de se soigner. Donner la vie devient un chemin de crête. En Centre-Val de Loire, le nombre de femmes vivant à plus de 45 minutes d’une maternité explose. Les fermetures de maternités, au regard de la méthode employée par les agences régionales de santé, ont semé l’incompréhension chez les habitants et les élus.

Personne n’accepte d’être considéré comme un citoyen de « seconde zone » par des officines bureaucratiques.

M. le ministre a hérité de cette situation et doit en seulement quelques années corriger les errements d’une politique purement comptable. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 a prévu une prise en charge du transport et de l’hébergement pour les femmes enceintes les plus éloignées des maternités. La suppression du numerus clausus et la création de 255 postes d’internat en Centre-Val de Loire sont des avancées à saluer : ce sont les futurs médecins du territoire.

Dans l’Indre, comme dans d’autres départements, le manque de médecins généralistes ou spécialistes est un problème qui pénalise les habitants et qui en freine l’arrivée de nouveaux.

La crise sanitaire de la Covid-19 a suscité chez beaucoup de Français l’envie de vivre dans des territoires moins denses, à la qualité de vie supérieure, mais le critère de l’offre de soins empêche pleinement les territoires de devenir des « eldorados ».

Face à la désertification médicale et au temps long nécessaire pour l’enrayer, la télémédecine apparaît comme une solution alternative. Cette innovation représente une opportunité dans l’organisation du système de santé et un enjeu majeur pour les zones rurales. Cependant, alors que le Gouvernement prévoyait 500 000 téléconsultations en 2019 et 1 million en 2020, ce sont à peine 60 000 qui ont été pratiquées en un an. Est en cause, principalement, le manque de clarté quant aux différentes solutions s’offrant aux maires des communes qui souhaitent installer une télécabine. Les informations sont difficiles à trouver et l’obtention des financements relève du parcours du combattant.

Il lui demande s’il peut clarifier les possibilités et les moyens à disposition des maires qui souhaitent implanter la télémédecine sur leur territoire et préciser les actions envisagées par le Gouvernement pour encourager le développement de cette solution alternative.