Quand les verts s’associent à des manifestations communautaires, les voyants passent au rouge. « Génération Climat » alliée à « Génération Adama », cela interroge. Les électeurs ont-ils mandaté leurs maires ou les équipes élues pour défiler aux côtés de mouvements qui revendiquent une couleur ou une religion avant les valeurs de la République ?

Les récents propos du maire vert de Colombes, qui n’a pas hésité à comparer les forces de l’ordre à la police de Vichy, polluent l’atmosphère.

Quelques victoires d’Europe Écologie Les Verts, allié à des PS recyclés et à la France Insoumise, aux élections municipales ne doivent pas aveugler. Le temps sera venu de s’interroger sur les facteurs de ces succès, mais on peut d’ores et déjà constater que les forces rassemblées ont des socles politiques profondément différents. Leur seul dénominateur commun est leur volonté de conquérir le pouvoir. Elles y sont parvenues avec une très faible participation électorale, et dans quelques continents urbains à la dérive.

Les zones rurales sont-elles concernées par des résultats similaires ? La réponse est non. La ruralité ne peut faire confiance à cette gastronomie politique où se mélangent les carpes, les lapins, l’eau douce et l’eau salée.

Doit-on nourrir des craintes politiques de cette situation ? La réponse est oui, si nous ne savons pas en tirer toutes les conséquences. Être tenté par une course à l’échalote autour du verdissement est une épreuve perdue d’avance.

La secousse des « Gilets jaunes » est autant une leçon d’histoire que de géographie. Le détonateur de la hausse des prix des carburants l’indique : l’écologie de punition ne fonctionne pas. La prolifération d’objectifs, de règles et de parties prenantes, débouche souvent sur de la colère. Si l’écologie n’est pas inclusive et participative, elle devient explosive. Avons-nous retenu la leçon des « ronds-points » ?

À l’heure où nos entreprises se trouvent en grande difficulté, dans une crise économique inédite, certains souhaitent à nouveau s’engager dans un processus brutal en conditionnant les aides publiques à des contraintes « écologistes ». Profiter de la crise pour imposer des idées, c’est semer de mauvaises herbes sur des terres déjà fragilisées. Avant de verdir les emplois des entreprises, sauvons-les d’abord. Vouloir changer le monde du jour au lendemain est une erreur.

Les cavales communautaires peintes en vert et les décisions en forme de sanctions mettent en danger l’unité de notre pays. Notre seul objectif est de raccrocher la confiance des citoyens au wagon de l’action publique, et de ne laisser personne au bord du chemin. 

La transition écologique se fera avec les Français, pour les Français, et non contre.

L’écologie, c’est un pont pour le plus grand nombre et non une citadelle réservée aux mieux dotés. À force de vouloir renverser la table, on peut finir par tomber de sa chaise.

La planète, elle, attend notre réussite.