Saint-Maur. Le député a réuni les agriculteurs en table ronde, vendredi, afin de préparer des états généraux de l’agriculture et de l’alimentation.

Vous ne pouvez pas dire aux consommateurs : “ Je suis pour le glyphosate ” Il faut tenir un autre discours, expliquer les répercussions de charges que ça a sur vos exploitations, que ça creuse vos déficits.

Pour terminer sa rencontre avec les céréaliers, sur une exploitation à Saint-Maur, le député François Jolivet s’est fendu de quelques recommandations de communication et de pédagogie.

Vendredi, durant tout l’après-midi, il a écouté et fait le point avec les professionnels de la culture céréalière. Un objectif : avoir leurs avis, leurs remarques, leurs demandes concernant la profession. « L’idée c’est d’avoir les remontées du terrain et redonner à ces départements du sud de la Loire un avenir », résumé l’élu. Sa démarche est en effet partagée par cinq autres députés de Haute-Vienne, de Corrèze et de Creuse. Chacun s’est attribué une filière du secteur agricole pour rendre un rapport exhaustif, d’abord au député chargé des dossiers agricoles, puis au Premier ministre et au ministre de l’Agriculture. « Dans l’Indre, c’est encore le secteur qui génère le plus gros chiffre d’affaires et génère le plus d’emploi, avec l’industrie », rappelle-t-il.

Les quatre-vingt-sept professionnels présents se sont donc attachés à lui rappeler les enjeux de la profession. Concernant les céréales, les exploitants produisent à perte depuis deux ans. « Même s’il y a la Beauce en région Centre, l’Ukraine représente dix fois ce territoire : le marché français ne pèse plus sur les cours mondiaux », fait observer le député.

Des coûts à la tonne qui dégringolent et des démarches que les exploitants ne comprennent pas. « Il faut s’attacher à démontrer l’absence de réciprocité dans les exigences sanitaires entre différents pays. »En cause, par exemple, les traités internationaux qui ne contraignent pas l’exportateur : les céréales, viande ou légumes venus d’Espagne ou des États-Unis n’ont pas à respecter les mêmes normes. « Au supermarché, j’ai vu qu’ils vendent des lentilles en vrac avec comme mention de provenance “ UE ou autre ” », interpellait ainsi un producteur de lentilles.

Des contradictions entre les normes qui semblent disproportionnées et la réalité d’un marché aux consommateurs qui ne joue pas le même jeu d’honnêteté. Autant de doléances que tâchera de synthétiser le député pour apporter des réponses politiques. « Mais il faut que tout le monde soit dans la même dynamique. Il faut aussi que le monde agricole parle d’une seule voix, ensemble. Il y a actuellement trop de discours différents. »

Le député souhaite donner une visibilité sur l’avenir aux agriculteurs, reste à savoir si les rapports rendus permettront de le faire.

Aziliz Le Berre pour la Nouvelle République.