M. François Jolivet attire l’attention de M. le secrétaire d’État auprès des ministres de l’économie, des finances et de la relance, et de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, chargé de la transition numérique et des communications électroniques, sur les manquements relevés dans la modération du réseau social Twitter.

Ce réseau est le théâtre morbide de campagnes de harcèlements, de diffamations et d’incitations à la haine.

En mai 2016, Twitter s’était engagé devant la Commission européenne à supprimer toutes ces publications en moins de vingt-quatre heures à partir de leur signalement. Mais, alors que la plupart des réseaux sociaux ont essayé de reprendre en main cette modération, force est de constater que les efforts consentis par Twitter ne suffisent pas. Les ressources humaines nécessaires pour assurer une modération efficace ne semblent pas au rendez-vous. L’entreprise ne semble pas se donner les moyens d’agir rigoureusement et localement, privilégiant l’automatisation et plaçant ses effectifs à un niveau transnational. Le vide laissé par des algorithmes peu efficaces est comblé par des associations et des collectifs, mobilisés pour préserver la raison d’être d’un réseau social : l’échange et la confrontation d’idées dans le respect et la non-violence. Ces collectifs se retrouvent parfois même victimes d’une modération sans discernement, qui entraîne le blocage de leurs comptes.

En France, la société est soumise à la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN), qui oblige les intermédiaires techniques à « rendre publics les moyens qu’ils consacrent à la lutte contre les activités illicites ». L’opacité interroge pourtant, et le lien entre les services de modération et les autorités nationales, notamment la plateforme de signalement Pharos, est imparfait. Ce manque d’engagement et de clarté ne semble pas être un problème d’ordre financier pour l’entreprise.

Alors que cette situation encourage les plus violentes dérives, il souhaite connaître les actions envisagées par le Gouvernement pour peser, au niveau français et au niveau européen, sur la politique de modération de Twitter afin que ce réseau social reste un formidable outil d’expression et de communication.