Le dossier de la maternité du Blanc, choquant à bien des égards, n’a rien à voir avec le projet de loi santé que j’ai voté en première lecture à l’Assemblée nationale le 26 mars 2019. Toutes les manœuvres entreprises visant à réunir ces deux sujets pourtant distincts ne sont que des manœuvres de basse politique desservant le territoire. Dans les faits, c’est la loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de « modernisation de notre système de santé », votée par l’ancienne majorité, qui permet aux centres hospitaliers de proposer des fermetures de services en leur sein. C’est d’ailleurs ce qu’a proposé le Conseil de surveillance de l’hôpital de Châteauroux-Le Blanc à la directrice de l’Agence régionale de santé qui l’a accepté en octobre 2018.

Depuis le début, depuis des mois, je mène un combat sincère et m’oppose publiquement aux méthodes de la directrice de l’Agence régionale de santé. C’est le fondement de mon engagement : toujours veiller à ce que les politiques publiques soient assumées et expliquées. Ce manque de concertation, de bienveillance et d’empathie, a installé dans notre territoire une légitime défiance, souvent même de la colère, exprimée dans un mouvement citoyen d’une envergure exemplaire.

Le remplacement d’Anne Bouygard, directrice de l’agence régionale pendant 3 ans, est une avancée positive qui doit permettre d’ouvrir un dialogue apaisé et constructif. Le nouveau directeur, Laurent Habert, aura à reconstruire une relation de confiance aujourd’hui abimée par des propos qui ont pu blesser.

Après des mois de combat, le rendez-vous obtenu avec la Ministre de la Santé a lui aussi changé le cap de la méthode. La Ministre a engagé sa paroleen apportant des garanties concernant l’avenir de l’antenne du Blanc de l’hôpital de Châteauroux. Elle a également rappelé que des mesures d’accompagnement seraient mises en place ces prochaines semaines pour les femmes enceintes éloignées des maternités.

Si la transformation des politiques publiques passe par la méthode, la lutte contre les déserts médicaux passe aussi par la loi. C’est dans ce sens que j’ai décidé en responsabilité de voter le projet de loi santé en première lecture, déposé aprèsla décision de fermeture de la maternité du Blanc. Il m’a paru essentiel de soutenir la suppression du numerus clausus, responsable de la situation de pénurie de médecins que nous connaissons. C’est bien cela notre enjeu commun : « remettre des médecins partout où il en manque »et « rétablir l’égalité des territoires en matière de santé ». Ces mots sont ceux de nos concitoyens, exprimés dans le cadre du grand débat national.

J’entends aussi, de manière très isolée, certains protester en entravant le progrès. Ce n’est pas ma conception de mon mandat de parlementaire, que j’exerce depuis seulement 23 mois. Ils devraient plutôt s’indigner de leur incapacité à proposer quoi que ce soit pour améliorer l’offre de soins dans les territoires. Il s’agit bien de rattraper 30 ans d’inaction, au mieux, ou au pire 30 ans d’une intense chute démographique tout aussi responsable de la situation que nous connaissons.

Mais s’il est surement plus facile de s’opposer, j’ai quant à moi fait le choix de la responsabilité. Ces territoires qui sont les nôtres sont malades de l’inaction du passé et méritent maintenant d’avancer.