Tous les pays du monde affrontent une crise sanitaire sans précédent liée à la propagation d’un virus encore largement méconnu et qui a déjà coûté la vie à des centaines de milliers de personnes. 

La France n’est pas épargnée. Elle compte en effet plusieurs milliers de victimes et autant de malades toujours en voie de guérison. Nous mesurons avec gravité le drame vécu par tant de familles qui ont perdu un proche et nous partageons leur douleur. 

Cet « ennemi » invisible, imprévisible, a mis à rude épreuve notre système de soins. Il a également éprouvé notre capacité à nous rassembler pour faire face. 

Grâce à un élan sans précédent conjuguant volonté, solidarité et courage, les Français ont fait bloc et adopté un esprit de responsabilité et de résilience. 

Nous devons beaucoup, pour reprendre les mots du Président de la République, à tous ceux qui sont en première ligne.

Nous devons tout à ces héros en blouse blanche, à l’ensemble de nos soignants, qu’ils interviennent à l’hôpital, en ville, dans les EHPAD, dans nos établissements accueillant des personnes en situation de handicap, dans les services à domicile, qu’ils soient médecins, infirmiers, ambulanciers, pharmaciens, aides‑soignants…

Nuit et jour, inlassablement, ils ont fait montre d’un engagement remarquable et d’un courage exemplaire pour accueillir, soigner, sauver.

Oui, la crise sanitaire qui frappe la France est sans précédent. Elle s’inscrit dans la durée, bouscule notre quotidien. Cette épidémie engendre des peines dont la somme relève d’un véritable drame national.

Pour que notre pays continue à vivre, nos soignants sont au combat au seul bénéfice de leurs concitoyens, en risquant leur vie. 

Nous comptons malheureusement déjà de nombreux décès parmi les professionnels de santé, emportés par le virus qu’ils combattaient. La France ne doit jamais oublier ces femmes et ces hommes engagés au service des autres.

Ils méritent la reconnaissance unanime de la Nation, parce qu’ils ont accompli leur devoir, parfois jusqu’au péril de leur propre vie.

Ce sont souvent des mères, des pères. Nous devons penser à leurs familles, et à leurs enfants, qui sont aussi ceux de la République. Nous devons accompagner leurs proches dans cette épreuve, pour mieux leur permettre de la surmonter.

À leurs côtés, l’État doit être présent. Cette exigence de reconnaissance est plus que jamais dictée par l’un des fondements de notre devise républicaine, la Fraternité, qui nous engage et nous oblige.

A la mémoire des victimes et plus encore aux enfants de nos soignants, nous devons respect, reconnaissance et solidarité.

C’est pourquoi, dans ce contexte d’état d’urgence sanitaire, la présente proposition de résolution invite à considérer l’extension du statut de pupille de la Nation aux enfants des professionnels de santé décédés des suites du covid‑19.