Pour rompre avec ce qui a fait échouer la France, il faut « s’attaquer à la structure de coût de l’État », sinon nous serons condamnés comme les autres à augmenter les impôts, à augmenter l’endettement et donc à retirer des services aux habitants. Cette fuite en avant financière n’est démocratiquement plus admissible, et génère des inégalités tant sociales que territoriales qu’on ne peut plus justifier.

L’approche uniquement budgétaire et comptable ne fabrique en effet que des victoires éphémères, mais en rien durables. Il faut être porteur de réformes structurelles, qui modifie l’appareil d’État.

Certes, l’administration s’est réformée et cela depuis longtemps, mais les Ministres successifs aux affaires lui ont permis de se réformer que pour elle-même et pas pour les usagers. On en voit le résultat aujourd’hui. Depuis trop longtemps, dans notre pays, on pense circulaires avant de penser stratégie, les ministres demandent à l’administration ce qu’ils peuvent faire, ce n’est plus acceptable. Les Ministres doivent dire « je pense », « j’ai des convictions », « je ne cède pas ». Ils doivent être obnubilés par la qualité de service rendu aux usagers.

L’exigence de résultats nécessite de s’interroger sur le seul besoin des usagers et non sur celui des institutions ou des administrations. Il faut recueillir ce besoin, l’anticiper et adapter l’organisation de l’État pour le satisfaire.

Les Ministres doivent fixer des objectifs mesurables de qualité de service à leur administration et interroger directement les usagers pour mesurer leur satisfaction. Ils doivent être personnellement responsables des plans d’action mis en place et du calendrier qui rythme la réforme qu’ils portent. Loin d’être un gadget, l’évaluation par le Parlement de l’action des Ministres doit devenir aussi une réalité. C’est le sens de la réforme portée par Richard Ferrand.

Nous vivons aujourd’hui une crise révélatrice d’une rupture d’égalité d’accès aux services publics, de continuité du service public dans les territoires et d’inadaptation du service rendu aux besoins des usagers, ou autrement dit une crise de l’action publique.

Nous ne devons pas ressembler à celles et ceux qui ont emmené la France à l’échec. Remettre l’humain au cœur des réformes exige courage, travail, méthode et respect d’un calendrier : c’est cela le sens de la commande du Président de la République.